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 uinum bonum laetificat cor hominis | ad Ellam

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Joshua Griffith



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MessageSujet: uinum bonum laetificat cor hominis | ad Ellam   Mar 22 Déc - 14:16




    Agréable atmosphère que celle d'un bar, chic et chouette, comme celui-ci que Josh venait de découvrir. Lui, un adepte non méprisable de ces lieux, était tombé sous le charme des néons pourpres du Poison Inoffensif ; et il avait aimé voir son reflet assombri briller sur le ténébreux carrelage de cet endroit, et il appréciait l'étrange lumière que procurait le carmin des murs, et il avait été charmé par l'ambiance indicible.
    Ce concept-ci des cocktails était du plus intriguant, et il fallut peu de temps à Joshua avant d'être séduit par la composition d'un Opium. Il lui tardait de goûter la cachaça servie par ici afin d'évaluer réellement la valeur de ce bar.

    La pièce semblait relativement petite, davantage qu'elle ne l'était vraiment. Elle comprenait des individus à l'air innocent qui se plaisaient à discuter, les unes sirotant leur cocktail en virile compagnie masculine, d'autres à l'humeur ragaillardie par la présence de nombre d'amis. Certains, parmi eux, semblaient pourtant éprouver un profond ennui et demeuraient là, reculés, silencieux, au regard figé et tournoyant distraitement leur verre, qui sourient machinalement sans même se rendre compte eux-mêmes que leur conscience n'était plus.

    Il était accoudé au bar d'ébène vernis quand il aperçut, depuis la baie vitrée, un groupe de jeunes dont l'état de certains était épouvantable. Les filles, qui avait dû penser un moment donné qu'elles tenaient bien l'alcool, ne parvenaient même plus à tenir sur leurs hauts talons aiguilles et titubaient les unes contre les autres en hurlant des pensées incongrues. Les jeunes hommes qui les accompagnaient n'en étaient pas moins arrangés et l'un, dont le visage était d'une extrême pâleur, fut contraint de poser sa main sur la carrosserie sinistre d'une Chevrolet garée afin de ne pas perdre l'équilibre et de rassembler ses idées. Il sentait tout son système digestif contracté, son estomac dans un mal profond et l'oesophage péniblement atrophié. Sa gorge brûlante témoignait de l'irritable présence de remontées acides. Cette position caractéristique du pochard sur le point de gerber fit réagir Joshua, qui n'avait aucune envie de retrouver toute une purée fétide concentrée dans la rainure de ses pneus.
    Il se dépêcha alors de retrouver l'air libre et de se diriger, pas décidé et air sombre, vers cette bande-là.

    A son retour, rien n'avait changé. Les mêmes personnes parlaient toujours, les mêmes s'ennuyaient encore, seuls les consommateurs gardaient un verre vide dans les mains ou s'en étaient offert un autre. L'Opium que Joshua avait demandé lui fut servi, et l'étranger de la ville goûta enfin à ce cocktail-là dont la cachaça, qui lui fut agréable, lui fit développer une bonne estime du Poison Inoffensif.
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Ella S. Kane



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MessageSujet: Re: uinum bonum laetificat cor hominis | ad Ellam   Jeu 24 Déc - 13:37

pikaElla ferma le clapet de son portable avec une mine exaspérée et énervée. La raison ? Son père lui avait demandé des nouvelles - chose qu'il n'avait plus faite depuis des années, soit depuis sa sortie de cette asile pour fou - et elle lui avait répondu froidement. Les deux s'étaient disputés sur des tas de choses, le père d'Ella lui reprochant de ne pas avoir suivi le traitement approprié des psychologues. La blondinette avait finalement décidé de ne plus lui adresser la parole, si ce n'est méprisamment, et lui avait raccroché au nez.
pikaElle se renfonça dans son siège, derrière le volant de sa Nissan Qashqai. Il ne faisait pas si beau dehors, d'épais nuages sombres couvraient d'un voile le ciel. Le soir était peu à peu tombé et la lune était déjà apparue. Nous étions en hiver, inutile de se contredire sur ce point. La neige recouvrait les rebords des routes, balayées par un camion de sel dans la matinée pour éviter aux conducteurs des accidents maladroits ou réellement meurtriers. Il faisait froid, même glacial. Le Wyoming n'était pas la plus belle région si on vouait un peu de chaleur. Mais Ella s'y était accommodée et ce changement brusque de température ne l'ennuyait pas le moins du monde.
pikaAprès quelques minutes d'hésitation, elle roula les yeux vers le ciel et sortit de son véhicule, garé en face du Bar nommé "Poison Inoffensif". Nom original ... Elle n'y avait encore jamais mis les pieds et quelle fut sa surprise quand elle poussa la porte d'entrée et s'engouffra dans la pièce sombre éclairée de néons rougeâtres. L'ambiance était chic et pourtant, il y a avait des visiteurs de toutes classes, à en juger leurs vêtements. Il n’y avait néanmoins pas beaucoup de monde. Tant mieux.
pikaSydney, prénom que sa mère lui donna pour rendre hommage à Sidney, la ville d'Australie, marcha jusqu'au bar, les bas talons de ses bottes caquant sur le carrelage ébène, et se hissa sur un tabouret. Scrutant d'un œil le comptoir, elle fut tirée de ses pensées par le serveur qui déposa une carte des boissons devant elle. Elle regarda rapidement, surprise par le nom des cocktails. Elle comprenait pourquoi l'endroit s'appelait "Poison Inoffensif", maintenant ! Elle opta finalement pour :

pikaUn Arsenic s'il vous plaît !

pikaUne minute plus tard, elle buvait déjà une gorgée dans son verre. Elle remarqua d'ailleurs qu'un jeune homme venait d'entrer et s'était assis à une place d'elle. Mais la petite blonde n'y prêta pas plus guère d'attention qu'à son habitude, remuant un minuscule club de golf vert fluo et transparent dans le liquide, s'ennuyant profondément - délicieux au passage. Elle se réserva un moment pour se plonger dans des songes ...
pikaElle n'avait plus de nouvelles de son cheval, Hurricane Jewel Divin. Le Paint s'était envolé dans l'immensité du Wyoming et ne revenait que rarement au Ranch. C'était un solitaire, un brigand, un hors-la-loi. Il ne respectait rien ni personne, sauf sa "propriétaire". Cette dernière lui avait alors promis qu'elle ne lui arracherait jamais sa liberté, mais était tout de même inquiète à son sujet. Les montagnes de l'Etat étaient envahies par des couguars ou d'elle-ne-savait d'autres bêtes à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent. Hurricane était peut-être un cheval, il savait se défendre, mais il restait de la viande. Non ! Le pie alezan était prudent et tenait à sa vie, il pouvait frapper et mordre !
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MessageSujet: Re: uinum bonum laetificat cor hominis | ad Ellam   Jeu 24 Déc - 23:21


    Gardant toujours un oeil attentif vers l'extérieur, embrassant des yeux l'Impala qu'il conduisait chaque jour, il restait soucieux vis-à-vis des jeunes qu'il venait de chasser. Ces derniers avaient traversé le chemin et deux d'entre eux avaient bel et bien fini par régurgiter le contenu de leur estomac, tandis que les autres prenaient plaisir à les photographier, à rire ou à compatir avec hypocrisie. C'est ainsi que Josh songea à sa propre adolescence, se demandant s'il s'était déjà montré aussi désinvolte un soir. Remuant des souvenirs extraordinaires dont le dénouement le lancinait toujours, il chassa sèchement ces images qui occupaient son esprit et préféra se concentrer sur sa situation actuelle.

    Laramie ne semblait pas être la ville qu'il préférait parmi toutes celles déjà visitées à ce jour ; elle était calme, perdue au milieu de nulle part, loin des ambiances chaudes de King's Cross, du monde étouffant des affaires au Central Business District ou des plages relaxantes bordant coquinement le Pacifique. Plus proche de ce qui lui restait comme port d'attache, il pouvait regretter amèrement la ville de Londres qui avait bercé son enfance avec ses lumières, ses pubs, ses magasins et tous ses occupants. Mais à ce jour, il avait terminé d'errer dans l'une des quatre grandes artères du West End débouchant sur ce grand carrefour routier, Piccadilly Circus, où les grandes enseignes embrasaient la place ; il avait fini de fureter dans les quartiers riches de ses amis et de partir à la course aux cadeaux, durant les mythiques fêtes de Noël, à travers les étages tumultueux de Harrods ou de Selfridges. Les cakes à la carotte ou au citron lui manquaient. Le thé aussi.
    Parallèlement à cette jeunesse-là innocente, Josh ne regrettait pas vraiment sa nouvelle voie. Il devait bien avouer que le luxe d'autrefois était un réel confort et semblait procurer une sécurité absolue ; le jeune homme avait suffisamment compris que ça n'était qu'un mirage. Pourtant, en rien la ville de Londres, en rien cette Folly Road légendaire, en rien la chaleur des thés ni la saveur tendre des cakes anglais, en rien les supplications de ses anciens proches, en rien la mélancolie de ses souvenirs, en rien les fantômes de sa famille ne l'avaient ému. Cette décision qu'il avait prise, bien avant son intégration ou son départ de l'armée, il l'avait enviée depuis qu'il avait goûté à l'amertume d'une punition acidulée ainsi qu'à la salinité de ses larmes.

    Une nouvelle musique venait de s'enchaîner et Joshua ressentit la motivation qui naissait en lui à l'écoute d'un bon rock. Il se fit servir une bière qu'il buvait à la bouteille tout en scrutant de nouveau les individus sur place ; déjà, il croisa le regard de deux ou trois brunes tout sourire ainsi que de leurs amies blondinettes. Elles n'étaient franchement pas moches mais une autre jeune personne l'intriguait davantage : elle était à peine située un tabouret plus loin que lui et demeurait dans la solitude avec son verre depuis longtemps déjà.
      JOSHUA « Vous me semblez bien pensive » lui lança-t-il d'un ton neutre.
    Il avait déjà vu par centaines de fois une jeune fille s'isoler au bar avec leur verre, négligeant le reste du monde qui s'amusait sans elle, qui ruminait des pensées moroses tout en jetant des coups d'oeil désespérés vers l'entrée de l'établissement dans l'espoir de voir enfin arriver celui qu'elle attendait impatiemment, celui qui avait probablement décidé de ne pas venir. Cette jeune-fille-là, elle, était différente.
      JOSHUA « Vous attendez quelqu'un ? »
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MessageSujet: Re: uinum bonum laetificat cor hominis | ad Ellam   Mer 6 Jan - 17:46

    Vous me semblez bien pensive. Vous attendez quelqu'un ?

    Celle-là, Ella ne s'y attendait pas. Perdue dans ses pensées, elle ne s'était pas attardée à un autre environnement que son esprit lui-même et s'était totalement plongée dans sa tête, plus rien autour d'elle ne lui semblant important. La voix la fit donc sursauter très légèrement et elle se tourna sur le côté. Ses yeux bleus grisâtres se posèrent sur l'individu – jeune homme qu'elle avait aperçu quelques minutes plus tôt alors qu'il entrait dans le bar - et un de ses sourcils s'arqua faiblement. Elle la bouche mais aucun son ne sortit, mis à part un rire qui ne dura qu'un centième de seconde, ressemblant en conséquence plus à un sourire. Elle referma ses lèvres et haussa les épaules, se remettant à fixer le mur en face d’elle. Plusieurs alternatives s’offraient à elles : faire l’impolie en ne répondant pas à l’inconnu, se donner le plaisir de s’amuser un peu en l’embêtant ou faire la gentille jeune fille qui n’avait rien trouvé d’autre à faire que de parler avec quelqu’un qu’elle ne connaissait pas. Et un mélange de ces trois choses, ça donnait quoi ? La petite blonde resta quelques secondes silencieuses puis reposa son attention sur Joshua.

    Non. Personne. J’suis juste venue faire le point dans ma tête, comme beaucoup de gens.

    Elle avala une gorgée de son Arsenic, la dernière. Le verre était désormais vide et de toute façon, elle n’avait pas envie d’en reprendre. Disons qu’elle et les cocktails, ça faisait deux. Pourquoi être venue ici, alors ? Réponses environ une ligne au-dessus. Elle repoussa le verre devant elle et décrivit rapidement le garçon, qui devait avoir un peu plus de la vingtaine, peut-être le même âge qu’elle. Rien à redire : il était séduisant, comme un tas de garçons dans cette petite ville, sans pour autant être l’apollon de la cité. La jeune femme poussa un long souffle, remettant en doute sa vraie personnalité. Au fond, elle n’était qu’une psychopathe et elle ne pourrait jamais changer. Quel fardeau de vivre avec ce bout de caractère ! Pourtant, elle ne s’en déplaisait pas, bien au contraire, elle se sentait supérieure en persécutant les autres. Cela n’avait pas toujours marché dans son passé ; elle avait alors fini par utiliser ce don tombé du ciel pour assouvir ses faims. Mais aujourd’hui, c’était ... différent, étrangement différent. Finalement, pourquoi se voiler la face avec une personne qu’elle n’était pas ? Pourquoi jouer la comédie en se faisant passer pour la blonde écervelée ?

    Vous aussi, vous êtes venu seul, n’est-ce pas ? Pour un beau gosse comme vous, c’est assez bizarre.

    Une petite phrase, comme ça, dans le pur hasard. Elle décrocha un sourire frôlant le mépris et l’arrogance, sa véritable psychologie.
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Joshua Griffith



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MessageSujet: Re: uinum bonum laetificat cor hominis | ad Ellam   Dim 10 Jan - 0:00


    Elle tourna le visage en sa direction pour émettre une sorte de demi-rire ineffable, bordant surprise et dérision, dissimulé par un sourire clinquant ; et Joshua, tout en conservant une attitude d'assurance posée à travers ses gestes détendus et la mobilité de ses muscles, même faciaux, émit un léger sourire en retour. Mais plus notable que cette expression sublimante, son regard transcendant aux iris d'absinthe mourant dans un vert-gris rabattu : il y avait, dans ces yeux troublants, une illusion hypnotisante si particulière qu'elle empêchait parfois d'en dégager une estimation objective de cet esthète ; et ce regard-là, perçant, profond, certain, était souvent déstabilisant, parfois trompeur, toujours efficient.

      ELLA « Non. Personne. J'suis juste venue faire le point dans ma tête, comme beaucoup de gens. »
    Josh eut un mouvement de sourcils bref et minime, agrandissant son regard par ce rehaussement décontracté. Le jeune homme remarqua la teinte particulière des yeux de cette inconnue, une couleur bleue tirant sur le gris, la nuance dragée de ses pommettes saillantes ainsi que ses lèvres plutôt fines et dépourvues de toute entaille gercée causée par un hiver trop rigoureux ; il releva aussi la forme assez carrée de son visage, forme qui ne portait aucun quelconque préjudice pour autant. Il but une gorgée de Budweiser au goulot.
      ELLA « Vous aussi, vous êtes venu seul, n’est-ce pas ? Pour un beau gosse comme vous, c’est assez bizarre. »
    Et là, il eut un large sourire involontaire qui découvrait une rangée de dents céruses, parfaitement alignées avec des canines légèrement prépondérantes, un regard amusé qui n'avait rien perdu de sa brillance. Pour justifier ce statut-là que constatait la jeune fille, il s'abaissa légèrement en sa direction et lui répondit à voix basse sur un ton complice de confidence :
      JOSHUA « C'est parce que je suis recherché par la police à travers les États. »
    Qu'était une révélation fardée par un un tel ton secret qui sonnait faux ? Josh n'en était pas moins décontenancé ou confus : cette assurance qui émanait tout naturellement de lui accordait une crédibilité rassurante. En réalité, il aimait faire un peu d'humour et n'avait pas honte de ses blagues quelques fois mauvaises, de temps en temps bien trouvées, des fois incompréhensibles, salaces de temps à autre, chacune d'entre elles étant habilement glissée dans un contexte parfois incongru. C'était une habitude chez Joshua de détourner la pression par une quelconque blague quand la situation était dramatique ; et il arrivait que cela l'extirpe d'un mauvais piège, voire d'un terrible trépas.
      JOSHUA « Vous comprenez, poursuivit-il, l'attrait de tels bohèmes n'est qu'éphémère : le manque de stabilité dans une vie ôte chacun des charmes qu'on aurait pu y trouver. »

    Il n'avait pas tort. Quelle fille, suffisamment sotte, se laisserait tenter par une vie fantaisiste de-par le monde ? Elle serait peut-être, au départ, ravie par tant de paysages différents, par la découverte de différences foisonnantes et par une prise de conscience d’autant de variétés parmi les concepts humains ; et ensuite, elle accusera la déception de ne pas gambader dans les rues illuminées d'une riche capitale, ni de pouvoir aller où bon lui semblait quand elle le voulait, ni de bénéficier d'une vie tout simplement stable. Les routes lui donneront la nausée tout comme les motels et les restaurants sans exception qui les bordent. L'absence de tout contact amical et fixe la rongera jusqu'au coeur, et la crainte de ne jamais revoir sa moitié la tuera probablement. Enfin, elle y perdrait son âme à jeter son dévolu éternel sur un homme comme Josh tout en cultivant secrètement l'espoir de le faire changer un jour.
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MessageSujet: Re: uinum bonum laetificat cor hominis | ad Ellam   Jeu 28 Jan - 16:41

    Le fixant toujours, décrivant ses gestes un par un, attendant une réponse. Elle eut droit à quelques sourires et le dernier, plus grand que les autres et faisant découvrir les rangées de dent blanches du jeune homme, fut suivi par la réponse de ce dernier. Il s’était aussi penché vers elle, décochant quelques phrases sur un ton frôlant le murmure.

    C'est parce que je suis recherché par la police à travers les États. Vous comprenez, l'attrait de tels bohèmes n'est qu'éphémère : le manque de stabilité dans une vie ôte chacun des charmes qu'on aurait pu y trouver.

    Était-ce une blague ou la vérité ? La balance se stoppa à l’horizontale, ne trouvant pas la réponse exacte à ses doutes. D’un côté, Ella le trouvait convaincant et presque crédible. D’un autre, une personne recherchée par la police ne se rencontrait pas à tous les coins de rue. Elle se mordit la lèvre, un sourcil arqué, les yeux peu plissés, et décida, après quelques minutes d’hésitation, de se lancer dans le jeu. Un sourire s’installa une nouvelle fois sur ses lèvres et sa bouche s’ouvrit, prenant alors la même intonation complice que Joshua.

    La classe ... Vous avez fait quoi ? Vous avez tué quelqu’un et fait disparaître le corps avec pour seule piste votre empreinte digitale ? Ho ! J’ai trouvé ! Vous êtes un Serial Killer qui a trouvé sa prochaine victime et qui l’épie dans ce bar. Hum, non. Vous avez le profil d’un braqueur. Oui, c’est ça. Vous avez pillé une des banques de New York !

    Elle haussa des épaules avec une mine comique à la bouche puis reprit son air habituel. Elle nageait dans l’élan de ses paroles, sans pour autant en perdre le sens et les valeurs réelles. Elle se souvint alors du manque de stabilité évoqué par le photographe et s’y attarda pendant cinq secondes.
    Des flashs lui revinrent, notamment dans cet hôpital psychiatrique – qui ressemblait bien plus à un asile. Il y avait son père, ses médecins et elle-même, assise sur une chaise, devant une table. La conversation avait mal tournée mais la blondinette, elle, s’amusait. Encore adolescente, elle avait attrapé un aide-soignant par la gorge et avait menacé de le tuer lui et ses collègue. Ils la qualifièrent de folle juste après et exigèrent son enfermement et un suivi psychologiques. N’importe quoi. L’Electrisée – comme elle se surnommait si bien – savait qu’elle ne pourrait jamais changer, qu’elle ne pourrait jamais choisir la voix d’une gentille jeune femme et fonder sa famille comme le ferait la majorité de la population. Non. Elle ne voulait pas changer, elle voulait rester la tueuse de sang-froid, la psychopathe, la sociopathe, ... Le fait de penser à ce qu’elle pourrait être sans son pouvoir la répugnait. Ho et puis ... Ca changerait quoi ? Uniquement le moyen d’assassiner ses victimes ou de les terroriser.
    Elle chassa immédiatement ses songes et reporta son attention sur le beau gosse. Elle pourrait répondre, c’était tentant, exposer son point de vue, certes ... Mais une petite voix, le petit ange sur son épaule droite, lui en interdisait. He ! Depuis quand suivait-elle sa bonne conscience ? Depuis quand doutait-elle de ses propres jugements, de ses propres intentions ? Elle cligna des paupières à grande vitesse et reprit.

    Manque de stabilité, dites-vous ?
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MessageSujet: Re: uinum bonum laetificat cor hominis | ad Ellam   Sam 13 Fév - 23:54


    Une sorte d'indécision se présenta sur son visage à la teinte de Chine, enchevêtrement de perplexité, de doutes, d'amusement et d'irrésolution, fatras d'enchantement et de réticence. De fait, l'aurait-on cru si facilement ? Josh devinait sans problème la tournure des pensées de cette jeune femme dont il ne connaissait rien - ni son prénom ni son nom, ni ses origines ni sa situation actuelle, pas même ses habitudes ou sa gestuelle inconsciente. La nature observatrice du photographe, résultant plus de la survie que de l'intérêt, n'avait rien à lui offrir : tout n'était qu'exploration et découvertes.
    Il devinait facilement le suivi de ses songes, à travers ce regard gris de Payne, le chemin tortueux qui menait de la fourbe réalité à l'étonnement suscité par la singularité de ce hasard ; il devinait aisément le mécanisme de tout un esprit prêt à se déployer pour rendre compte de sa propre force ; il devinait, sans aucun doute, l'effet de son propre amalgame. Toutefois, rien ne troublait la circonspection de cet inexpiable affidé, sycophante.

    La jeune fille se résolut enfin dans ses pensées et rejoignit ce qui apparaissait-là comme une belle comédie dont ils étaient les acteurs principaux. Un sourire complice esquissé là, sur ses lèvres d'un incarnadin tendre, annonça la chromatique des présomptions suivantes. Ainsi, pensa-t-elle, ce mystérieux inconnu avait-il l'air coupable d'un assassin sans scrupule, le caractère abscons d'un abonné de crimes parfaits ou arborait-il la superbe vanité d'un arrogant kleptomane ? Elle conclut victorieusement à la spoliation d'une banque de New York, à laquelle exclamation Josh répondit sans le moindre détour d'un instant :
      JOSHUA « Il me serait alors aisé de vous offrir un verre, qu'en pensez-vous ? »
    Le ton avéré du jeune homme s'accompagna d'un léger sourire mais, surtout, d'un regard toujours aussi complice. Il s'amusait.

    Elle arborait, quant à elle, un opéra de mouvements sous l'emprise d'un élan de paroles*. Qu'inspirait donc la gestuologie de cette interlocutrice ? Il ne s'y attarda pas vraiment ; son instinct le lui signifierait par lui-même sans devoir réfléchir. Joshua se féliciterait d'ailleurs pour cela, pour cette fainéantise fort douée, pour ce repos et ce relâchement qu'il se concédait. On ne pouvait se résoudre à rester sérieux...
    A cet instant, la jeune fille lui demanda, après un temps de pause :
      ELLA « Manque de stabilité, dites-vous ? »
    Il fut plutôt surpris par sa question, et pourtant quelle autre réaction envisager de la part de cette séduisante blondinette ? Il s'accorda quelques secondes de réflexion.
      JOSHUA « Je suis un nomade » répondit-il simplement.
    Il avait perdu son port d'attache, il n'avait plus qu'un navire pour sillonner les océans et détourner les pièges marins. En réalité, Josh songeait au manque de stabilité non pas psychologique mais physiologique ; c'était un mode de vie qui lui semblait à la fois facile et dur, simplissime et éprouvant. On ne pouvait pas trouver de quotidien plus étrange que le sien, mais il ne s'en plaignait pas : c'était son choix et, sans regret, il pouvait assurer qu'il aimait ce qu'il faisait.

    Son attitude changea une nouvelle fois ; en effet, la vive énergie résonna de nouveau dans le timbre de sa voix lorsqu'il se présenta.
      JOSHUA « Au fait, je m'appelle Josh. »



      * joli syntagme (:


hrp | il a fallu du temps, mais voici enfin la réponse. Toutes mes excuses pour cette longue attente.
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