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 substratum | Elizabeth

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Joshua Griffith



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MessageSujet: substratum | Elizabeth   Dim 10 Jan - 23:02



Les pins défilaient, chacun à leur tour, ces conifères dont les branches épineuses étaient saupoudrées de neige albâtre. Puis des prairies défilaient, parfois surmontées d'une cahute perdue, souvent parsemées de petits morceaux de coton blanc qui broutent et qui bêlent. Au loin, les montagnes arboraient un toit glacé devant le soleil radieux, si rayonnant qu'il en éblouissait les yeux avec tout cet épais manteau de neige.

Josh conduisait son Impala vers l'ouest sur Eagle Road, une paire de lunettes d'aviateur sur le nez pour ne pas à être gêné par le soleil fatigué d'une fin d'après-midi ; la radio chantait un bon vieux rock des seventies, motivant tout l'intérieur du jeune homme ; la Chevrolet, au moteur ronronnant, était comparable à un puma satisfait après un copieux repas. Josh ne se lassait jamais de ce son vibrant appartenant à ce petit bijou-là de bolide.
Il était concentré sur son chemin, pourtant désert, cette vaste ligne d'asphalte qui semble ne jamais en finir ; et il observait à peine les paysages splendides qui le bordaient. Il aurait pourtant pu les prendre en photo, mais il était harassé de toutes ces splendeurs. Elles étaient là hier, elles sont toujours là aujourd'hui ; et même si on ne pouvait se fier au lendemain, au fond de lui, il savait très bien qu'elles reviendraient demain.

Il était plutôt préoccupé par la journée qui venait de s'écouler. Réveil toujours aussi matinal, il en avait profité pour longer Léviathan une petite demi-heure. Les palefreniers n'étaient même pas encore levés que, déjà, Josh avait repris la route. Il avait passé le plus clair de sa journée dans sa voiture américaine, à observer et à photographier dans les environs de Cheyenne. Les indications qu'on lui avait données semblaient plutôt vaines, quoiqu'il avait pu trouver un autre sujet satisfaisait pour son job ; et le voilà qui revenait déjà, d'une humeur égale, scrutant l'horizon tout en fignolant un nouveau stratège.

C'est à cet instant que l'apparition d'une voiture importuna la monotonie de la route. Une voiture était garée sur le bas-côté, inerte et seule, comme si elle avait été abandonnée. Josh, qui avait tendance à rouler vite, ne songea même pas à s'arrêter. Mais c'est seulement quand il vit quelqu'un remuer anxieusement autour de l'automobile que le jeune homme ralentit progressivement. Il se rangea devant le véhicule et sortit de sa Chevrolet fuligineuse. Bien que les températures fussent fort fraîches, il ne prit pas le temps d'enfiler sa veste et se dirigea vers la jeune fille. Tout en ôtant ses lunettes de soleil et ce dans un léger sourire, il lui lança d'un ton enjoué :
    JOSHUA « Je peux peut-être vous aider ? »
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Elizabeth E. Teatch

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MessageSujet: Re: substratum | Elizabeth   Lun 11 Jan - 19:33

Elizabeth s'était levée de très bonne humeur. Il faisait particulièrement beau, et le manteau neigeux qui recouvrait les paysages alentours l'enchantait. Lorsqu'elle habitait à Londres, la neige était rare, et quand par miracle elle tombait, elle se transformait tellement vite en bouillasse informe qu'Elizabeth n'avait jamais pu réellement en profiter. Elle était plus habituée à la pluie en toute saison. Il était très tôt, seulement cinq heures, mais la jeune fille n'avait plus sommeil. Elle ne comptait pas se rendre au ranch aujourd'hui, elle avait prévue de se rendre en ville pour acheter des bouquins et se changer un peu les idées. Elle n'avait connu que l'immense capitale londonienne, et elle était dépaysée dans ce trou perdu. Au départ elle en était ravie, mais ensuite, elle s'était habituée, et maintenant, elle était en manque de la foule, des hauts buildings, du bruit incessant mais rassurant. Elizabeth avait donc décidé de faire une petite escapade. Cependant, comme elle s'était levée plus tôt que prévu, elle choisit d'aller faire un petit câlin à sa belle jument avant de partir, et pourquoi pas, de la laisser un peu en liberté.
Elle prit donc une douche rapide, enfila un jean, un débardeur beige, une veste marron et une écharpe. Elle n'était pas du tout frileuse, mais aimait beaucoup le contact d'une écharpe sur son cou. Elle voulait profiter du soleil, il suffisait pour la réchauffer complètement. Une paire de converses vient compléter sa tenue, elle prit ses clés de voiture et se dirigea vers le ranch. En général elle préférait s'y rendre à pied, cela lui faisait un peu d'exercice, et elle n'avait pas une réelle confiance dans sa vielle voiture. Elle roulait vite, vitres ouvertes et un cd de Muse qui passait, son au maximum. Elle se sentait bien et avait envie de rire. Pas de pensées parasites, elle était réellement seule.
Une fois au ranch, elle marcha à longues enjambées jusqu'au box de Litchee. Elle avait encore une légère tendance à fuir la présence des autres, même si elle essayait de se contrôler. C'était difficile de parler à quelqu'un dont on connait déjà les moindres pensées, difficile pour elle, mais et aussi, elle le savait, pour les gens à qui elle parlait. Elle caressa distraitement sa jument, lui mit un licol et l'amena dans la carrière encore vide à cette heure là. La jument se défoula une petite demi heure, et sa propriétaire la regardait tranquillement. Elizabeth se prit à envier l'existence simple du cheval, avant de se dire qu'elle préférait une ville compliquée, mais où elle avait encore un peu de liberté. Elle rentra sa jument avant de prendre la route, le temps toujours au beau fixe.
Elle roula longtemps, ou ce qui lui sembla longtemps, mais cela ne la préoccupait pas, elle voulait juste trouver une ville, ce qu'elle finit par faire. Elle passa le reste de sa matinée dans une grande librairie, à choisir une dizaine de livres de tous genres. Elle adorait lire, et ici, à part sa jument, elle n'avait pas grand chose d'autre à faire. Elizabeth acheta donc beaucoup de romans, mais aussi deux méthodes pour apprendre le français, une langue qui l'intéressait beaucoup.
Lorsque autour d'une heure, elle commença à avoir faim, elle déposa ses achats dans la voiture et continua à pied, sans se presser. Elle trouva rapidement un café qui vendait également des sandwiches, elle se posa sur une table et s'amusa à observer les gens. Il y avait des gens pressés, qui ne faisaient pas attention à ce qu'il se passait autour d'eux, des gens qui attendaient, plantés là et qui regardaient leur montre toutes les cinq minutes, des adolescents qui se déplaçaient en bande, en riant, des jeunes enfants qui couraient poursuivis par leurs parents, une foule de personnes inconnues et différentes. Elizabeth adorait ça.
L'après-midi, elle ne fit pas grand chose, quelques boutiques pour renouveler sa garde robe, mais elle se balade surtout. Elle alla au cinéma, acheta des pop corn.
Finalement, Elizabeth, à regret, décida de rentrer. Il n'était pas très tard, mais elle voulait être sûre d'être rentrée pour la nuit. Elle prit donc la route, gonflée à bloc pour les semaines sans ville à venir. Elle mit Green Day pour le retour, et laissa ses vitres ouvertes. Elle conduisait trop vite, mais il ne lui était jamais arrivé de problème, elle continuait donc.
Soudain, sans savoir pourquoi, la voiture se mit à crachoter, et à ralentir. Elizabeth n'y connaissait rien en voiture, et elle voulait rentrer chez elle. Elle essaya donc de ne pas y faire attention, et accéléra. Mais au bout de quelques centaines de mètres, la voiture ralentit sérieusement, et la jeune fille trouva plus prudent de s'arrêter cette fois, sans compter les bruits étranges qu'elle faisait. Elle se maudit furieusement, elle n'avait pas pris son téléphone portable, voulant se couper du monde, et ne plus penser à rien. Et évidement, c'est ce jour là qu'avait choisi sa voiture pour faire des siennes. Elle commença par se calmer lentement, elle posa ses mains sur le volant et respira avec soin. Puis elle sortit, elle voulait constater les dégâts. Elle fit le tour, pas de pneu crevé, la panne venait donc du moteur. Elizabeth n'y connaissait rien, et ne voyait aucune voiture passée. Elle fit tout son possible pour ne pas s'affoler inutilement. Elle se mit debout à côté de sa voiture, et alluma une cigarette. Elle avait gardé cette habitude de son séjour à la rue, et malgré toutes les supplications de ses parents, elle n'avait pas réussi à s'en défaire. Elle avait placé tous ses efforts dans l'abandon de la drogue, et la cigarette l'aidait. Elle avait réduit petit à petit, mais en cas de stress, une petite cigarette était toujours là. Jamais devant sa jument, ni même au ranch, mais lorsqu'elle se sentait trop seule dans sa grande maison, ou comme maintenant en cas de problème.
Elizabeth n'en crut pas ses yeux lorsqu'elle aperçut une voiture au loin. Une chevrolet s'approcha, et par miracle, s'arrêta. Une jeune homme en descendit. Il disait quelque chose à Elizabeth, mais elle n'y fit pas attention, elle se concentrait pour ne pas lire ses pensées, et c'était un exercice plutôt difficile. Brun, un peu plus âgé qu'elle, plutôt pas mal. Des lunettes de soleil qui firent sourire la jeune fille, elle n'aimait pas tellement tout ce qui était m'as-tu vu, elle préférait la sobriété, même si elle reconnaissait que ses lunettes lui allaient bien. De toute façon, elle s'en fichait au fond, elle voulait seulement rentrer. Elle lui sourit donc, éblouie par le soleil.

«Ca serait très gentil à vous ! Je ne suis pas experte en voiture, et ma voiture est tombée en panne plutôt brusquement. Si vous y connaissez quelque chose... Ou si simplement vous accepteriez de me prêter votre téléphone, vous aurez aidé une jeune fille en détresse, et vous aurez son éternelle reconnaissance !»
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Joshua Griffith



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MessageSujet: Re: substratum | Elizabeth   Mer 13 Jan - 21:57

AVERTISSEMENT
La mise en page qui suit est un essai ; la lecture de cette réponse peut sembler plus compliquée selon la résolution et les contrastes propres à chaque ordinateur.
Le background représente l'état d'esprit de Joshua et donne une idée de la manière de penser en fonction de la disposition des éléments.


Le jeune homme fut amusé de constater l'état à mi-chemin entre le désespoir et la panique que cultivait la jeune fille. Il lui arrivait souvent de rencontrer des voitures en panne sur le bord de la route, qui étaient ou bien abandonnées ou bien en cours de rafistolage, ou encore qui restaient là, capricieuses, fatiguées, meurtries, sans que le chauffeur ne parvienne à ses fins. Il y avait parfois, parmi ces conducteurs-là, des jeunes femmes ou des dames plus âgées dont la plupart demeurait incapable de remédier au problème ou qui ne savait même pas quoi faire, à la vue des multiples pièces du moteur, ou encore qui ignorait même comment ouvrir le capot de leur voiture. Enfin, Josh avait déjà été leur sauveur un jour qu'il passait par-là et n'hésitait pas vraiment à s'arrêter pour donner un coup de main - encore moins quand une femme était en difficulté. Non pas qu'il éprouvait le besoin de séduire quelqu'un en détresse, mais il savait bien que la mécanique n'était pas le passe-temps préféré des demoiselles.
    JOSHUA « Ma foi, demandé de la sorte avec cette reconnaissance-là que vous me promettez, il me semble impossible de vous refuser ce service ! »
Josh, laissant de côté son air enjoué, se dirigea vers la voiture avant d'en ouvrir le capot. Ce qui apparut devant lui le laissa sans voix : il était subjugué par ce tas de ferraille excessivement sale et désordonné. Il déduisit, en vertu de la basse température du moteur, que la demoiselle avait attendu longtemps avant qu'il n'arrive. Il songea alors que cela n'avait pas dû être évident pour elle de rester dans une telle expectative, seule dans ce trou perdu, espérant d’être rapidement tirée d’affaires.
Le jeune homme jeta un rapide coup d'oeil général mais ne repéra rien à première vue parmi ce fouillis de crasses ; il jugea alors bon d'explorer plus loin. Mais pour ce faire, il préférait déjà sortir son matériel au préalable qu'il trouva dans le grand coffre de sa Chevy ; il posa sa caisse au sol à ses côtés, veilla bien à ce que les manches de sa chemise à carreaux restent pliés au niveau de ses coudes, et plongea presque tout entier sous le capot.

On n'avait jamais enseigné les rudiments de la mécanique à Joshua. En réalité, on laissait cette tâche aux ouvriers qui étaient payés pour cela ; mais quand le jeune Griffith quitta le berceau familial de Pain Castle, seul avec cette voiture américaine, il s'était rendu compte très tôt qu'il devrait saisir un minimum d'informations à ce propos. Les années durant, Josh maîtrisait nombre de techniques tandis que ses interminables trajets sur les routes l'avaient souvent mis en contact avec le moteur de l'Impala, cette Chevrolet plutôt capricieuse, si bien qu'elle n'avait plus aucun secret pour lui. Il la connaissait par coeur.
Quant aux autres voitures, Josh se débrouillait plutôt bien. Vu sa bonne expérience passée sur l'asphalte, il avait connu nombre de soucis et avait vécu autant de moyens pour y remédier, si bien qu'il pouvait parfois déceler l'origine d'un problème, fort complexe à première vue, et le rafistoler en quelques instants.

Mais cette fois-ci, il craignait fort ne pas pouvoir remettre cette voiture sur le chemin de la maison : de fait, il venait de mettre le doigt sur un problème assez préoccupant, lové dans chacun des petits compartiments du moteur. Il se redressa, frotta rapidement ses mains mâchurées avec un chiffon, et tendit son bras hâlé vers quelques tuyaux :
    JOSHUA « Vous voyez, ici, ces tuyaux endurcis qui sont plus brillants que les autres ? C'est dû à une surchauffe. Regardez d'ailleurs, ici il y a pas mal de crevasses, et là plein de gonflements. Il faut remplacer ça, mais jetez un coup d'oeil là-bas : les tuyaux des conduits sont excessivement gonflés, et on peut remarquer qu'il y a une fuite d'huile. C'est pas l'idéal non plus. »
Il montrait systématiquement chaque partie concernée du doigt pour expliquer ce qui n'allait pas. Enfin, il finit par conclure que l'état général de ces tuyaux était fort usé ; une révision était indispensable pour remplacer et adapter le caoutchouc de ces conduites.
    JOSHUA « Si je bidouille quelque chose pour vous repartir, ce serait du suicide, parce que je n'ai pas ce qu'il vous faut ici. Où deviez-vous vous rendre ? »
Josh terminait de se frotter les doigts consciencieusement, visiblement embêté par cette nouvelle qu'il venait d'annoncer. Cela dit, il songea que ce serait alors une merveilleuse occasion pour revoir l'entièreté de cette épave sur quatre roues dont l'utilisation était plus qu'incertaine. Il faudrait aussi insister auprès des garagistes qu'ils fallait prendre une attention particulière sur les conduites - il se doutait très bien que ces gens-là, face à un client facilement influençable, pouvaient devenir très peu soucieux de leur devoir.





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Elizabeth E. Teatch

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MessageSujet: Re: substratum | Elizabeth   Jeu 14 Jan - 18:04

Par chance, Elizabeth était tombé sur un charmant jeune homme. Il ne fit aucune difficulté pour l'aider, ce qui amena un peu de méfiance de la part de la jeune fille. Elle avait vécu à la rue, et savait de quoi était capables certaines personnes, elle n'avait plus confiance en l'être humain. Elle avait réussi à plus ou moins garder le contrôle de son pouvoir jusqu'à maintenant, en se concentrant sur sa voiture. Elle voulait éviter le moindre problème, mais elle ne put s'empêcher de vouloir savoir qu'elles étaient les intentions réelles du jeune homme. Elle le regarda un bref instant et se laissa envahir par les pensées de son sauveur. Une pensée prédominait, la solitude. Il se rappelait également qu'il était déjà venu en aide à quelques autres jeunes filles et dames âgées, sans aucune arrière pensée, sinon d'aider quelqu'un dans le besoin. Elle n'arrivait pas à s'échapper de son esprit, alors elle se contentait de ne pas être dominée, et de garder le contrôle de la situation. Au moins, elle savait qu'il était sincère, et lui fit un sourire chaleureux. Elle se rendit compte qu'elle avait du sembler bizarre, mais après tout, ils ne se reverraient sans doute jamais.
Le jeune homme, dont Elizabeth ne connaissait même le nom, ouvrit directement le capot de la voiture. La jeune fille songea qu'elle aurait mieux fait d'acheter une voiture à son arrivée aux États-Unis, mais elle n'avait pas eu envie de se détacher d'une chose qui la rattachait à l'Angleterre. Elle se dit aussi qu'elle ferait bien de prendre des cours de mécanique puisqu'elle était seule.
Une pensée du jeune homme la fit sursauter. Il la trouvait pas mal, ce qui provoqua l'étonnement de la jeune fille. Elle s'avança vers la voiture, jetant en rapide coup d'œil à son reflet dans la vitre. Les cheveux détachés comme à son habitude, un peu emmêlés à cause du vent. Elle ne s'était pas du tout maquillée, elle avait complètement oublié. Elle regarda plus attentivement le garçon qui avait le nez dans sa voiture. La plupart des jeunes filles l'aurait trouvé canon. Mais Elizabeth se méfiait des garçons trop canons. Cependant, elle ne pouvait pas le juger simplement parce qu'il était beau, elle le savait bien.
Malgré la concentration du jeune homme sur le tas de ferraille qu'était sa voiture, elle percevait des pensées étranges venant de lui. Cauchemars, regrets, Elizabeth était déboussolée. Mais cela ne la regardait absolument pas, alors elle se força à détourner son attention de lui. Il lui adressa alors la parole, en lui montrait les légers problèmes de sa voiture. Elizabeth porta une grande attention à ce qu'il lui montrait, elle voulait apprendre. Avant même qu'il est fini de parler, elle avait perçu la pensée dominante de son esprit «Foutu». Elle ne savait pas si c'était concernant elle et sa voiture, ou aux pensées plus sinistres du jeune homme, mais lorsqu'elle entendit la suite de ce qu'il lui disait, elle ne se posa plus la question. Elle était dans le pétrin.

« Putain ! Désolée, il fallait que je le dise. Maintenant je peux réfléchir calmement et posément. »

Elle se rendit compte très rapidement qu'il n'y avait pas trente-six solutions. Soit elle lui empruntait son téléphone pour appeler... Elle ne savait même pas qui appeler. Peut-être qu'il aurait le numéro d'une dépanneuse. Sinon, il la prenait dans sa voiture. Cela ne problème pas plus de problème que ça à Elizabeth, si par hasard il lui voudrait du mal, elle le saurait, et elle savait se défendre. Mais elle se rendait compte qu'elle ne pouvait pas réellement lui demande de l'amener chez elle de but en blanc.
Elle se promit que dès qu'elle était chez elle, elle se renseignerai pour acheter une nouvelle voiture. Ou une moto plutôt, elle devrait penser à passer son permis. Plus de sensation que dans une voiture probablement. Enfin, ce n'était pas le problème actuel. Elle ne put empêcher un sourire lorsqu'il dit, ou plutôt, lorsqu'il se dit qu'elle était influençable. Ce n'était pas vraiment un trait de caractère présent chez elle. Et de toute façon, des garagistes ne pourraient pas la tromper, elle le saurait immédiatement. Sans avoir réfléchi, elle lui dit d'une voix légère :

« Ne vous inquiétez pas, cette voiture va très vite finir dans une décharge, et je vais en acheter une nouvelle. Je pense que le prix des réparations sera égal à une voiture d'occasion ou à une moto, non ? »

Elle ouvrit sa voiture, récupéra ses paquets de livre, de fringue, et son sac à main. Elle posa le tout devant la voiture, alluma une cigarette et la porta à sa bouche. Il allait faire froid, elle le savait, alors elle décida d'être franche.

« Bon écoutez, je n'ai pas beaucoup de solutions. Il m'en reste deux en fait, et vous intervenez dans chacune d'elles. Dans les deux cas, vous seriez un ange, et même si vous refusez, je vous remercie beaucoup de vous être arrêté. Soit, vous pourriez me prêter votre téléphone, si vous avez le numéro d'une dépanneuse, soit... »

Elle ne finit pas. Elle se rendit compte qu'elle avait été très très directe, et que la situation était plutôt gênante. Peut-être qu'il croyait qu'elle disait cela simplement pour le draguer. Ce qui n'était évidemment pas le cas, certes il était beau, mais elle voulait surtout rentrer chez elle. Alors au lieu de continuer sa phrase, elle lui sourit. Elle se disait qu'au pire, s'il refusait, elle pourrait toujours l'influencer un peu, en lui lançant quelques pensées. Et dire que c'est lui qui la pensait influençable. Ce n'était pas très orthodoxe, elle voudrait éviter d'en arriver là, alors elle attend.
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MessageSujet: Re: substratum | Elizabeth   Sam 23 Jan - 0:42

AVERTISSEMENT
Ce background illustre les tourments intérieurs de Josh bien qu'ils soient parfois à peine perceptibles.
Bonne lecture !



Il réinstallait sa caisse dans le large coffre de la Chevrolet. Rien n'était plus vide et plus propre que cet endroit, si immense qu'on aurait pu y mettre un éléphant tout entier ; et il pouvait alors sembler étonnant que cet espace soit aussi dénudé.
    ELIZABETH « Bon écoutez, je n'ai pas beaucoup de solutions. Il m'en reste deux en fait, et vous intervenez dans chacune d'elles. Dans les deux cas, vous seriez un ange, et même si vous refusez, je vous remercie beaucoup de vous être arrêté. Soit, vous pourriez me prêter votre téléphone, si vous avez le numéro d'une dépanneuse, soit... »

    JOSHUA « Soit..? »
A ceci, il émit un léger sourire doublé d'un regard tout aussi amusé. Il trouvait que cette jeune femme était fort directe ; à première vue, elle lui semblait pleine d'audace et de convictions, assurément franche, et cette sincère spontanéité plaisait beaucoup à Josh tant que l'existence de cet équilibre éphémère n'était pas rompu. Josh n'était pourtant pas le meilleur exemple concernant la préservation de cette frêle harmonie.

Ou bien cette jeune femme était-elle en pleine tentative de drague ? Quoiqu'il en était, Josh n'en serait pas plus embêté. Il la vit alors glisser un sourire, suggérant qu'elle était ennuyée ou confuse de sa demande ; le jeune homme envisageait cependant tout l'inverse : il avait déjà rencontré bon nombre de manipulatrices qui savaient comment détourner les situations à leur profit. Ce n'était pas parfois bien méchant - une tentative de drague, soudoyer les services de quelqu'un - mais il arrivait que ce soit pire quand on vous tendait un piège.
Néanmoins, Josh avait rencontré bien plus de situations périlleuses qu'on ne le croirait à première vue. Il avait suivi des entraînements ardus, il savait comment se défendre et sauver sa peau ; mais là n'était pas la question. Le jeune homme n'avait même pas hésité pour répondre à cette inconnue, le regard complice :
    JOSHUA « Allez, grimpez. »
Il avait, certes, dégainé son téléphone portable : rien ne servait de laisser cette épave sur la route, il fallait tout de même qu'on vienne la récupérer. Qui sait, cette jeune fille penserait peut-être à la retaper un jour ? Mais à ce songe, il fronça les sourcils : en réalité, il ne pensait pas vraiment qu'elle prendrait plaisir à la remettre sur ses pneus de ses propres mains, au mieux elle paierait quelqu'un pour le faire si elle en avait l'envie ainsi que les moyens. De fait, cela nécessitait beaucoup de travail dont le prix devenait bien moins onéreux une fois que l'on se mettait soi-même à la tâche. Josh pouvait d'ailleurs en témoigner et, tandis qu'il rangeait son téléphone après avoir passé son coup de fil, il aida Elizabeth à emmener ses affaires pour les poser sur la banquette de cuir noir située à l'arrière de l'Impala, là où reposait déjà un licol de cuir brun attaché à une corde écru. Tout en posant les sacs et en ruminant quelques pensées, il finit par rappeler ceci :
    JOSHUA « Vous m'avez demandé, tantôt, si le prix des réparations de cette voiture-ci valait celui d'une moto ou d'une voiture d'occasion. »
Il marqua un instant de pause, suspendant même ses gestes, tandis qu'il regardait distraitement sa ténébreuse Impala : lui revenaient en tête des images, des flashes qui apparaissaient par séquences courtes et éblouissantes.
    JOSHUA « Vous savez, peu importe le prix si votre voiture vous tient à coeur » finit-il par dire en reprenant ses esprits.
Il s'était, en effet, tué à la tâche pour sauver sa précieuse Impala. Il y avait de cela deux ans, cette Chevrolet avait essuyé un grave accident de route où un poids-lourd l'avait percuté de plein fouet sur le flanc droit. Il restait très peu de cette voiture qui aurait dû être envoyée directement à la casse sans en revenir ; et pourtant, Josh ne prétendait pas l'abandonner. Alors qu'il revenait d'un état semi-comateux, dont il gardait des rêves étranges qui retournaient parfois le hanter durant son sommeil, il avait passé des semaines à retaper sa voiture. Par ailleurs, il avait la joie de connaître un proche du coin, ami partageant des activités similaires à celles de Joshua, qui avait récupéré l'Impala dans sa casse et qui avait pu lui fournir pas mal de matériel. Cela dit, réparer de fond en comble ce modèle de '67 avait nécessité beaucoup de temps, d'effort, de sacrifices financiers et de coeur. Mais il était impensable pour Josh de laisser sa petite Chevy à l'abandon - il ne se l'aurait jamais pardonné. Après tout, elle n'était pas qu'une voiture ; elle était le vestige de tout un passé lourd de conséquences.

Il s'installa à la place du conducteur et fut de nouveau ébloui par les rayons lumineux du soleil couchant. Cela lui rappela de mettre ses lunettes d'aviateur fumées sur le nez s'il ne voulait passer la majeure partie du temps avec les yeux plissés et s'il voulait éviter de voir apparaître des points lumineux devant ses yeux dès qu'il se rendrait dans un lieu plus sombre.
Une fois le mouvement exécuté, il lui demanda d'un ton enjoué :
    JOSHUA « Bien. C'est parti pour Laramie, je suppose ? »
Le moteur se mit en route comme si une panthère, lovée sous le capot de l'Impala, ronronnait de plaisir après un copieux repas.
    JOSHUA « Au fait, je me nomme Joshua Griffith ; mais vous pouvez m'appeler Josh. »
Il démarra.

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MessageSujet: Re: substratum | Elizabeth   Jeu 28 Jan - 21:50

Finalement, Elizabeth n'était plus tellement pressée de rentrer chez elle. Il n'avait pas hésité à la faire monter dans sa voiture et elle en était plutôt heureuse, sa principale qualité n'était pas la patience, et si son pouvoir lui permettait de savoir si on lui voulait du mal, mais pas de pouvoir s'enfuir par miracle. Elle se trouvait courageuse, mais préférait tout de même être confortablement assise dans une voiture en compagnie d'un jeune homme pour le moins charmant.
Elle n'arrivait pas à s'empêcher de lire dans ses pensées, c'était tentant, et elle prenait comme excuse de ne pas bien maitriser sa capacité spéciale. Même si ce n'était pas faux, elle parvenait presque maintenant à rester seule dans tête, quand elle était calme et concentrée, et actuellement elle n'avait aucune envie de faire des efforts.
Comme la jeune fille l'avait prévue, Joshua pensa tout d'abord qu'elle était très directe, puis il se demanda si elle le draguait. Et puisque cela ne semblait l'embêter, Elizabeth se dit soudain que cela faisait bien trop de nuits qu'elle était seule dans son lit. Elle ne savait pas de quel genre était ce jeune homme, mais elle pouvait tenter, c'était toujours amusant de draguer. Et de plus, il n'avait pas l'air réticent. Peut-être qu'elle pourrait orienter la conversation sur ses conquêtes, elle verrait bien ce qu'il en pense, elle utilisait cette technique sur tous les hommes qu'elle désirait, ainsi elle ne perdait pas de temps avec ceux qui n'étaient pas intéressés. Ce n'était pas très orthodoxe, mais c'était plutôt pratique !
Elle l'aida rapidement à mettre toutes ses affaires sur la banquette arrière de la voiture et remarqua avec surprise un licol. Elle ne voyait pas du tout le jeune homme monter à cheval, mais après tout, il n'y avait pas grand chose à faire d'autre ici. Cependant, quelque chose l'empêcha de lui en parler, et préféra garder le silence. Il pouvait y avoir mille autres explications à la présence d'un licou, et la jeune fille ne voulait parler ni de cheval, ni de ranch d'irradiés, ni d'un quelconque pouvoir. Et quand elle parlait d'équitation maintenant, son cerveau le reliait directement à la spécificité de l'endroit où elle montait. Elle voulait profiter de la vie comme tout le monde ce soir, comme bien souvent d'ailleurs.
Elizabeth finissait sa cigarette pendant que Joshua paraissait plonger dans ses pensées, et la jeune fille était beaucoup trop curieuse, alors elle se détendit. Ce qui eu pour effet immédiat d'augmenter le volume des pensées du jeune homme. Il pensait à son attachement à sa voiture, ce qui n'intéressait pas beaucoup Elizabeth, elle s'apprêtait donc à réduire le son lorsqu'elle s'aperçut qu'il y avait des pensées beaucoup plus sombres, des souvenirs douloureux, il avait été dans un lit d'hôpital, longtemps apparemment, il pensait au sang, à des meurtres, un désir de revanche. Maintenant qu'elle percevaient ses pensées les plus noires, elle n'arrivait pas à stopper le flot de pensées, ni à revenir aux pensées de surface qu'il avait, elle chancela et ferma les yeux. Joshua était loin d'être un jeune homme qui n'avait rien vécu, il avait un passé violent, c'était clair. Mais Elizabeth aspirait seulement à la paix, c'était très improbable qu'elle le revoit après qu'il l'ait ramené ou ça serait pour une nuit, alors Elizabeth ne voulait pas se mêler à ses histoires. Elle se força donc à penser à sa jument, à son pays natal pour qu'elle devienne assez calme pour reprendre le contrôle.
Joshua s'installa à la place du conducteur, et la jeune fille se mit à ses côtés sans un mot, mais elle se sentait mieux et lui lança un petit sourire. Sourire qui devient moqueur lorsqu'il posa ses lunettes de soleil sur son nez. Elle se demanda comment certains garçons, dont Joshua faisait parti, pouvaient être si classe avec de telles lunettes alors que d'autres paraissaient vraiment ridicules.

« Laramie, exact. Je n'ai pas vraiment le sens de l'orientation, vous savez si c'est loin d'ici ou pas ? »

Elle songea qu'elle était sortie une fois avec un jeune homme qu'elle vouvoyait, cela l'amusait au début, et changeait, elle avait l'impression qu'être vouvoyée signifiait que le garçon avait plus de respect pour elle, ce qui n'était peut-être pas faux, mais elle s'était vite ennuyée, et avait décidé de changer de petit ami. Elle balaya ce souvenir d'un clignement d'œil, et reporta son attention sur l'homme qui était en sa présence.

« Oh, j'ai oublié d'être polie dans toute cette galère. Elizabeth Teatch. Et vous pouvez m'appeler comme vous voulez. Merci encore, j'aurais pu rester des heures dehors ! Alors, que faites-vous dans ce coin paumé ? »

Elle jeta un coup d'oeil à ses mains. Ni fiancé, ni marié, c'était le principal. Elle reprit la parole.

« Pas pour suivre une petite amie j'espère ? »

Elle y allait fort, elle le savait, mais elle était fatiguée, et elle avait peur d'écouter les pensées du jeune homme, alors tout naturellement, elle a préféré utilisé la bonne vieille méthode. Elle verrait sa réaction en direct. Elle ajouta un petit sourire, pas vraiment charmeur, mais plutôt amusé et curieux.
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Joshua Griffith



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MessageSujet: Re: substratum | Elizabeth   Mer 17 Fév - 18:10


    ÉLIZABETH « Je n'ai pas vraiment le sens de l'orientation, vous savez si c'est loin d'ici ou pas ? »
Le jeune homme esquissa un léger rire moqueur à peine audible, la main droite posée sur le nord du volant, la vitesse commençant à se stabiliser ; cette dernière tendait vers un bon 80 miles à l'heure sur cette Eagle Rock Road déserte. Josh n'était pas un habitué de cette route, c'est pourquoi il avait du mal à bien estimer le temps du voyage ; mais selon lui, s'il poursuivait son chemin sur Eagle Rock Road avant de bifurquer pour retrouver l'autoroute ou bien d'emprunter Pilot Peak et Buck Sullivan Spring Road, cela revenait quasiment au même : une grosse demi-heure.
    JOSHUA « Je pense que l'on pourra compter une bonne trentaine de minutes » répondit-il après réflexions.
Elle n'avait pas le sens de l'orientation ? Josh riait intérieurement : oui, peut-être ; mais de sorte qu'elle ne sache plus où elle était... Non, sans doute. C'est alors que sa conscience le gifla et qu'il se traita d'imbécile : c'était peut-être la première fois qu'elle empruntait cette route, à peu près comme lui ; et là, on pouvait accuser le manque de sens d'orientation qui ne fait pas son travail.
C'était d'ailleurs plutôt étonnant de voir quelqu'un sur ce chemin, autant pour lui que pour elle ; et pour cela, ils avaient eu de la chance tous les deux. Concernant cette jeune demoiselle, c'était une aubaine pour elle d'avoir pu trouver quelqu'un, même si cette personne n'avait pas réussi à remettre sa voiture en route ; pour Josh, c'était un hasard agréable que d'avoir rencontré une jeune fille si attirante ; et toutefois, si cela faisait déjà quelques semaines que le bohème avait élu domicile dans le Wyoming, ça faisait autant de temps qu'il n'avait plus entretenu une quelconque relation avec quiconque. Pourtant les belles créatures ne semblaient pas si rares que cela dans cet État.
    ÉLIZABETH « Alors, que faites-vous dans ce coin paumé ? »
Visiblement, cette demoiselle qui avait été en détresse n'en avait pas perdu sa langue. Il y en avait des asociales, de grandes pipelettes incontournables ; mais toutes étaient bavardes, sans exception ; que ce soit envers tous, envers soi-même, à l'écrit ou à l'oral, les filles adorent discuter. Pourquoi ? Dans quel but ? Josh ne le savait pas trop bien : on pouvait y trouver un intérêt chez certains interlocuteurs intéressants, mais pas chez tout le monde... Or la gente féminine repoussait les limites on ne sait où.
    ÉLIZABETH « Pas pour suivre une petite amie j'espère ? »
Elle était franche, toujours aussi directe, toujours aussi pure, ronde et sincère sans jamais attenter à sa spontanéité par une pointe farouche d'embarras. Josh appréciait fortement cette audace, cette absence complète de crainte lorsque la parole est une arme. Lui aussi aimait user de cette hardiesse, insolente effronterie cynique forgée par l'aisance de soi, ressource qui pouvait cependant se retourner contre lui-même. Parfois, gravement, rarement.
Pouvait-on distinguer le petit sourire indicible, complètement abscons, amusé, qui s'esquissait discrètement au coin de ses lèvres ? Il fixait toujours la route derrière ses verres fumés et seul un sourcil, tantôt arqué, tantôt en extension, témoignant d'un esprit fonçant d'un pôle à l'autre.
    JOSHUA « Du tout. »
À travers cette réponse simple, modeste, absolument courte, il ne s'échappait pas moins de mystères que d'allusions.
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Elizabeth E. Teatch

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MessageSujet: Re: substratum | Elizabeth   Lun 8 Mar - 18:01

Elizabeth maintenait ses efforts pour ne pas entendre la moindre pensée de Joshua. Elle ne voulait pas replonger dans ses terribles souvenirs si sombres, elle désirait de la légèreté, de l'insouciance. Au fond, c'était impossible avec lui, puisque lorsqu'elle fermait son esprit aux autres, elle était obligatoirement concentrée et donc plus tendue. Simplement, elle avait l'habitude, et elle réussissait à paraître frivole. Tout était question de paraître et non d'être de toute façon. Alors elle faisait semblant, et cela marchait à merveille.
Ils avaient semblerait-il une grosse demi-heure à passer ensemble dans cette voiture. C'était fort possible, tout comme elle n'avait pas le sens de l'orientation, la notion du temps qui passe ne lui était pas très familière. Elle se rendit compte qu'une fois à Laramie, elle n'était même pas certaine de trouver sa grande demeure victorienne. Dans le pire des cas, elle les perdait tous les deux, elle passerait plus de temps avec lui, ce qui n'avait rien d'une mauvaise perspective. De plus cette voiture était confortable, Elizabeth s'y sentait à son aise. Peut-être la présence du licol y était pour quelque chose.
La réponse de Joshua avait surpris Elizabeth. Non par la réplique en elle-même, mais par sa simplicité. Qu'il ne suive personne ne l'intéressait que dans la mesure où elle savait à présent s'il était libre ou non. Il aurait pu mentir, Elizabeth n'avait pas vérifié, mais peu lui importait, qu'il se dise libre lui suffisait. Elle avait déjà passé des nuits avec des hommes pris, cela ne faisait pas une grande différence pour elle, après tout, elle n'était pas la seule coupable dans l'histoire, l'homme était tout aussi responsable. C'était tout du moins son point de vue, même si elle évitait tout de même de se mettre à dos des femmes hystériques. Parfois elle s'avouait à elle-même que c'était bien plus excitant de passer la nuit avec des hommes qui n'étaient pas célibataires, le risque de se faire surprendre était toujours présent et elle adorait cela, même si ce n'était pas très catholique.
Elle songea de nouveau à la courte réponse de Joshua. Sans ses pensées pour l'aider à comprendre, c'était bien plus difficile d'en définir le sens. Il ne lui avait pas dit pourquoi il était ici. Peut-être qu'il n'avait pas envie de parler, ou il voulait préserver le mystère, ou... Elizabeth s'arrêta là, il y avait beaucoup d'explications plausibles, et après tout, cela ne la regardait pas. Cependant elle se demanda comment les gens normaux faisaient pour supporter le doute et l'incompréhension. Pour elle, c'était facile, si elle voulait savoir, il lui suffisait d'écouter leurs pensées. Une fois, c'était amusant, et instructif, mais plus... Elle résista à son envie pressante de se mettre sur la fréquence radio de Joshua, et s'exhorta au calme et à la patience.
Le jeune homme avait mis un CD d'AC/DC. Le volume sonore était juste le bon, et Elizabeth adorait ce groupe. Sans pouvoir se contrôler, elle commença à chantonner les paroles en battant la mesure avec sa main sur sa jambe. La musique en général la mettait en transe, et le rock en particulier. C'était une chose de plus qu'elle regrettait ici. À Londres, un nouveau CD d'un de ses groupes préférés, et quelques minutes plus tard elle en avait un exemplaire. Presque tous les musiciens connus internationalement passaient en concert à Londres, et rien n'était plus facile que d'aller les voir.
Soudain, elle crut entendre sa sonnerie de portable, mais c'était impossible, elle était certaine que son téléphone était resté dans sa maison. Elle tendit l'oreille, et après plusieurs secondes, elle fut obligée d'accepter la réalité, son portable était bel et bien dans son sac à main. Elle l'attrapa et le fouilla rapidement. Avant de décrocher elle le considéra en fronçant les sourcils, puis elle approcha le téléphone de son oreille. La voix douce de sa mère se fit entendre, et Elizabeth la maudit d'appeler juste à ce moment.

« Oui ? Oh, salut. Oui, oui, je vais bien. Et bien en fait, non, je n'ai toujours pas trouvé de colocataire. Évidemment je cherche, mais ce n'est pas le centre de ma vie non plus. Oui, je sais que le loyer est trop cher pour vous, mais je ne peux pas claquer des doigts pour faire miraculeusement apparaître quelqu'un. Je ne suis pas effrontée, seulement réaliste. Fallait pas m'envoyer ici non plus hein, je ne vous avais rien demandé. Oui, Litchee va bien ne t'inquiètes pas. Heu, écoute, je ne suis pas seule, on reparlera de ça plus tard d'accord ? Non, pas vraiment un ami, je ne le connais que depuis quelques minutes, et oui, je me contrôle. Arrête maintenant s'il te plaît, ne t'inquiètes donc pas, tu sais que je me débrouille très bien toute seule. Oui, je te rappelle demain. Fais des bisous à papa et à Aurore. À plus tard. »

Elizabeth rangea son téléphone, et se tourna vers Joshua, et avec un petit sourire, elle prit la parole :

« Désolée, ce n'était pas très poli de répondre ainsi, mais si je n'avais pas répondu, elle aurait paniqué. »

Elle n'attendait pas réellement de réponse, Joshua ne semblait pas être un bavard, il n'avait pas essayé de faire la conversation. Elle se demandait si c'était pour lui montrer qu'elle ne lui plaisait pas. C'était peut-être plus simplement sa nature. Dans tous les cas, elle respectait le silence, elle savait à quel point il était important, alors malgré son désir de faire connaissance et plus si affinité avec ce charmant jeune homme, elle ne voulait pas le forcer à parler. Et puis, ils avaient encore le temps, autant ne pas se presser.
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