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 Intrigue, fascine, ensorcèle • libre

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Robìn l. Fitzgerald

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MessageSujet: Intrigue, fascine, ensorcèle • libre   Mer 27 Mai - 13:34

    • La nuit était tombée sur la forêt et sur la ville. Nulle âme qui vive dans les rues, désertes, de la bourgade. Les volets étaient clos, leur peinture s'écaillant illuminée par la lune à son zenith dans le ciel d'encre, à peine éclairé par les étoiles, scintillantes, offrant un contraste mince avec la toile bleue-noire qui s'étendait à perte de vue, omniprésente. La végétation était elle au comble de sa féérie. Les feuilles et bourgeons qui naissaient avec l'arrivée tant attendue du printemps reflètaient douceureusement la lumière argentée, formant comme un halo précieux autours de leurs traits fins, dessinés avec une pureté naturelle, originelle.
    Elle regardait le plafond de sa chambre comme s'il aurait put lui apprendre ce qu'elle ne savait pas déjà. Comment faire en sorte que sa vie devienne plus facile. Comme à l'époque. Ses yeux, d'un vert léger, ne cillaient pas, fixés sur le blanc bien pâle du pan de mur. Elle n'avait que ça à vrai dire. Un toît, un frère, ou ce qu'il en restait, et Batman. Et puis son chat. Napoléon était le dernier cadeau que son père lui ait offert. Il était déjà vieux lorsqu'il était allé le trouver dans un foyer. Un vieux, et très gros chat gris cendré, à l'oeil droit entouré d'une tâche blanche. Ca lui offrait un charme fou, aux yeux de sa propriétaire en tous les cas. Mais ce n'était sans doute pas un avis très objectif. Il aurait put être borgne, manchot et sans queue qu'elle n'aurait pas compris pourquoi il aurait été discalifié d'un concours de beauté pour chats. Mais c'était dans son caractère, voir toujours, encore et toujours le bon de chaque être. Peut-être était-ce un don, peut-être aussi un fardeau. Ne pas voir le côté sombre des gens qu'elle cotoyait n'avait pas toujours été une bénédiction pour la demoiselle. Trop naïve.
    Robìn émit un soupire las. Profond et las. Blasée peut-être ? Blasée d'une vie qui commencait à peine, blasée d'une vie pour laquelle des centaines d'autres seraient prêts à tout. Etait-elle donc égoïste au point de ne pas même en vouloir ? Au fond, peut-être. Si personne n'aurait put ne serait-ce que l'imaginer, la réalité était elle bel et bien là. Toujours présente. L'adolescente se redressa, quittant son oreiller gris perle pour s'asseoir en tailleur sur son matelat. Combien auraient rêvés d'une vie comme la sienne ? Elle se doutait qu'ils étaient nombreux. Très nombreux. Et pourtant le revers de la médaille n'était pas si glorieux. Comment auraient réagis les prétendants à cette existence si on leur apprenait qu'elle avait, volontairement ou non, fait brûler sa maison tout entière, à main nue ; s'ils apprenaient qu'elle avait voulu tuer son propre père à cause d'un animal ? Fitzgerald finit par se lever. Elle ne pouvait plus rester dans cette pièce une minute de plus. Elle se sentait étouffante, expirante sur place, prête à s'envoler en poussière tant son coeur se tordait d'une souffrance pourtant endormie depuis quelques mois. Il y avait longtemps qu'elle n'avait plus ressentit ce chagrin, plus intense que n'importe quelle émotion. La sensation de n'être plus rien qu'une coquille à moitié vide, dénudée de l'un de ses piliers fondateur. Elle saisit à la va-vite dans son armoire une tenue assez chaude pour pouvoir rester plusieurs heures dehors, réveilla Napoléon et s'enfuit par la fenêtre. L'endroit était nouveau pour elle, mais elle avait réussit à obtenir une chambre qui permettait de satisfaire, ou rendre possible cette drôle d'habitude, qui lui plaisait tant. Avoir une échappatoire.
    • Combien de temps avait-elle marché, errant pour trouver elle-même ne savait quoi ? Elle n'en avait aucune idée. Il n'empêchait pourtant pas qu'elle était parvenue jusqu'ici. Où était-elle ? A vrai dire, elle n'en avait pas la moindre idée. Etait-ce prudent ? Définitivement pas. La pente était trop aigue, Napoléon trop lourd dans ses bras. Elle n'aurait pas put continuer sa route plus longtemps. Robìn respirait fort, essoufflée et à la limite de fondre en larme. Désespoir, épuisement, pression ? En tous les cas, la totalité de ces facteurs, cumulés les uns avec les autres l'avaient poussée à s'arrêter. Si elle voulait pouvoir continuer, il fallait d'abord s'arrêter. Reculer pour mieux sauter. La jeune femme s'assit lourdement dans l'herbe naissante qui bordait la rivière. Les reflets argentés de l'astre nocturne semblaient faire flotter, magnifiquement, une traînée de poussière d'étoile au dessus de l'eau qui ruisselait dans un clapotis régulier et relaxant. Robìn s'allongea sur le sol, Napoléon se logeant au creux de son bras, et elle ferma les yeux. Tout était néant. Seuls les bruissements de l'herbe sous la bise trop fraîche mais légère, le hululement isolé d'un hibou, au loin, l'écoulement langoureux de l'eau, la ratachaient à la réalité. Plus rien n'était impossible. Réel et rêve se confondaient à merveille. Intriguant, fascinant. Ensorceleur.
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Elena C. Barkley
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MessageSujet: Re: Intrigue, fascine, ensorcèle • libre   Jeu 28 Mai - 18:42

Le soleil se perdait dans les collines environnantes. Elena était allongée au beau milieu du dos d'âne. Allongée sur le dos, les yeux rivés sur la ligne de l'horizon, où les couleurs rouge et or se mélangeaient peu à peu avec le bleu nuit qui plongeait sur les environs. Le soleil descendait étrangement et inhabituellement lentement, comme s'il ralentissait sa course pour le seul plaisir des yeux de la jeune fille. Un voile sombre couvrit ses yeux, elle ne savait plus qui elle était. Elle ne comprenait pas les événements bizarres qui l'entouraient sans cesse, où plutôt elle ne voulait pas les reconnaître. Elle en devenait folle, ne sachant plus si les déplacements des eaux étaient naturels où si elle en était la cause. Elle ne pouvait aller en un lieu sans se poser la question de savoir si c'était elle qui faisait pleuvoir. D'un naturel un brin égocentrique, elle en venait à se demander s'il restait ne serait-ce qu'un événement naturel autour d'elle... Mais c'était loin d'être une situation agréable. Elle qui aimait la nature, les grands espaces, elle voulait se sentir perdue au milieu de cette immensité, c'était une impression enivrante comme effrayante, mais qui lui procurait un bien fou. Elle avait besoin de cette sensation pour se sentir vivre, et pour enterrer le sentiment d'oppression qui l'avait habité depuis si longtemps. Elle voulait simplement vivre en paix, et cet endroit lui avait semblé idéal. Elle y était pourtant totalement perdue, venant de contrées bien lointaines et ayant besoin d'habitudes, elle était d'autant plus déstabilisée qu'elle avait perdu tous ses repères. Mais cela n'était rien à côté de tout ce qu'elle avait perdu, l'espoir que tous ses problèmes s'évanouiraient dans ce ranch. Car elle avait finalement compris que ce lieu si merveilleux soit-il, n'était pas la baguette magique qui lui permettrait de mettre simplement fin aux étrangetés qui la suivaient partout...

Alors pour mieux les oublier, elle partait sur le dos d'âne. Là il n'y avait rien, à part les chevaux, êtres vivants sur lesquels elle n'avait aucune influence contrairement aux objets. Elle pensait qu'ici, le grand air et l'immensité ferait son travail, et que le vide certain suffirait à lui faire retrouver la paix. Mais elle n'avait pas pensé aux nuages, à l'herbe qui se courbait sous le poids de la rosée... à cause du vent ou d'elle-même ? Un vertige la prit, elle ferma les yeux, et sentit la terre tourner sous elle. Elle savait qu'elle n'avait pas le pouvoir de ressentir les mouvements de la terre, qu'il ne s'agissait que d'une pure paranoïa, mais plus elle se le disait plus elle se sentait engloutie par cette terre plus forte qu'elle, et finalement par ce pouvoir plus fort qu'elle... Mot qu'elle haïssait, elle n'avait aucun pouvoir, elle était une fourmi dans l'immensité des collines alentour. Elle voulait seulement disparaître, mais être là quand même... elle voulait être là comme avant, comme lorsqu'elle était une personne normale... comme lorsqu'elle était quelqu'un. Maintenant elle n'était plus rien, ou bien un monstre, mais après réflexion il valait mieux n'être rien qu'un monstre. Quoique... Elle plissa les paupières, elle ne voulait plus rien voir. Mais le sol sous elle était bien là. Certes, il ne tournait plus mais cela ne l'empêchait pas d'être cette immondice, ce monstre, ou ce rien. Elle ne savait plus qui elle était, ce qu'elle était... La seule chose qui était nette pour elle fut un souffle chaud qui lui caressa le front et entraîna ses cheveux détachés et mêlés dans une douce brise d'air chaud. Elle ouvrit les yeux pour voir un gros nez noir doté de naseaux frémissants qui se gonflaient et se dégonflaient en fonction du passage de l'air. Elle se redressa pour s'asseoir, le soleil avait bien disparu à présent. Sa jument serait bientôt invisible, aussi noire que la nuit. Elle était tellement désemparée qu'elle voulait partir, loin avec elle, comme au temps des longues randonnées où la vie monotone n'existait plus, où tout n'était qu'insouciance et liberté. Liberté... elle en avait ici pourtant. Mais elle ne l'empêchait pas d'être ce qu'elle était. Ou ce qu'elle n'était pas... Loin, très loin d'ici, elle le pourrait peut-être. Là-bas, où rien n'existait, à part des endroits tellement tortueux qu'aucune âme humaine n'y passait. Dans cet endroit que le jeune garçon du ranch voisin avait nommé la "Vallée des Aigles"...

Elena ne pensait plus à rien. Elle ne voulait plus penser, peut-être qu'en se vidant l'esprit elle viderait aussi son environnement de tout mouvement bizarre. Elle saisit une poignée de crins ébène et grimpa sur le dos velouté de Nirvana. Elle était là, elle ne savait pourquoi. Mais elle regarda vers cette vallée, si attirante à ses yeux. Probablement aussi pour la jument, puisqu'elle s'y dirigea. Peut-être qu'un splendide étalon y résidait, mais si c'était le cas, il était bien trop loin pour qu'elle ne sente sa présence... Stop. Ne plus penser. Juste regarder. Il faisait froid à présent. Seule la petite étoile blanche de Nirvana devait être visible. Mais elle était cachée par ses crins noirs, pour mieux se fondre dans la nuit, pour mieux disparaître. Elles disparaîtraient ensemble... Lena s'allongea sur l'encolure de la jument. Rien n'était plus plaisant que l'odeur de sa crinière. Elle ferma les yeux et se laissa porter. Elle ne pensait plus à rien. Elle avait réussi. Peut-être dormait-elle. Peut-être méditait-elle. Elle-même ne savait pas où elle était ni ce qu'elle faisait, mais elle était heureuse ainsi. Elle se sentait libérée d'un étaux, qui reviendrait sûrement au galop bientôt. Mais pour l'heure, seul le silence de la nuit l'enveloppait. Jusqu'à ce qu'un cri déchire la nuit.

Un hennissement plus précisément. Des vibrations qui se firent ressentir dans la crinière de la jument ébène. Lena se redressa. Elle était retombée de haut, mais ne s'était pas écroulée pour autant. Le vide était magnifique et plaisant. Une petite rivière clapottait dans le silence. Le hennissement sonore de Nirvana se fit entendre une nouvelle fois. Elena ne chercha pas à savoir pourquoi... il valait mieux ne plus réfléchir. Sur le sol se dessinait un rond blanc. Etrange. La seule tache qui déchirait le noir, sûrement comme l'étoile de Nirvana que son toupet découvrait. La curiosité de la jeune cavalière était piquée. Elle devait chercher ce que c'était. En rassemblant ses esprits, elle reconnut... un oeil au centre de cette tache blanche. Un oeil de chat, ainsi que le reste de sa morphologie. Un petit animal roulé en boule, dans les bras... d'une jeune fille. Lena descendit de cheval et s'agenouilla auprès de cette inconnue. Inconnue, peut-être pas. Mais elle ne voyait pas son visage, si ce n'était que de longs cheveux foncés. Est-ce qu'elle dormait ? Où était-elle malade ? Blessée ? Il n'y avait qu'un moyen de le savoir. Elena déposa sa main sur l'épaule de la jeune fille avec une infime douceur...


Dernière édition par Elena C. Barkley le Jeu 4 Juin - 19:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Intrigue, fascine, ensorcèle • libre   Ven 29 Mai - 17:18

    • S'était-elle endormie pendant des heures, ou venait-elle à peine de se plonger dans ce méandre chaotique et enchanteur, pareil à un rêve éveillé ? Elle n'aurait pû le dire avec assurance. Concret et abstrait se mélangeaient parfaitement, ensemble homogène qui ne laissait place à aucune certitude. Le temps semblait avoir perdu de sa valeur. Peut-être s'était-il arrêté, peut-être avançait-il à une vitesse folle. Là encore, elle ne savait que répondre. Cette valse mélancolique avec le néant l'apaisait. Elle aurait souhaité rester ainsi des heures, des jours entiers. Impossible pourtant.
    Robìn sentit brusquement le coeur de Napoléon tambouriner dans sa poitrine frêle, affolé. Qu'avait-il put voir pour être aussi apeuré. Certes, il était froussard, mais à ce point ? Il semblait que le coeur du vieux félin s'apprêtait à lâcher, subissant une trop intense activité. Les griffes du matou se plantèrent dans le bras de la jeune adulte, qui ouvrit les yeux sous le coup. Le chat les avait profondément planté, tailladant sa chair jusqu'au sang. Fitzgerald gémit sous le coup de la douleur. Seulement lui parvint bientôt son environnement. Rien n'avait bien changé, la nuit s'éclaircissait peu à peu. Elle laisserait d'ici peu place à l'astre du jour, qui re-gravirait son trône durant les prochaines vingt-quatre heures. Mais serait-elle toujours là pour voir la prochaine nuit tomber ? Ca lui semblait sur le coup peu probable. En effet, une ombre imposante, pour ne pas dire gigantesque, trônait au dessus d'elle. Son coeur s'arrêta, sautant un battement. L'adrénaline monta soudainement, et le coeur repartit. Il lui semblait qu'un troupeau de bœufs galopait sous sa poitrine. Elle-même pouvait percevoir le bruit ahurissant qu'elle faisait. Robìn n'osait plus respirer, et encore moins se retourner. Trouverait-elle le courage de faire face à la chose gigantesque qui l'achèverait d'ici peu. Qu'attendait-elle, d'ailleurs ?
    L'instant dura une fraction de seconde. La jeune femme avait cillé, puis plus rien. Plus d'ombre, plus cette incroyable et effrayante sensation d'être devant la porte de l'autre vie. Plus rien. Le même néant, le même silence qui régnait une seconde à peine avant que Napoléon ne s'affole. Robìn se retourna brusquement, portant ses yeux vers l'endroit ou aurait dû être l'animal. Rien. Rien, rien, rien. Simplement la forêt, encore baignée dans l'obscurité. Elle déglutit et se leva vivement. Avait-elle donc rêvé ? Cet enivrement lui avait-il provoqué une hallucination passagère ? C'était possible, après tout. Qu'aurait-ce put être ? Pour que l'animal soit aussi gros, il aurait fallut un ours, ou quelque chose de ce type. L'ours aurait fait bien plus de bruit cependant. Alors que pouvait-est-ce ? Là encore, aucune réponse ne parvint à l'esprit de la jeune brune. Napoléon était au sol, tendu comme un arc. Jamais, ô grand jamais elle ne l'avait vu dans un tel état. Robìn se retourna vers la rivière et porta la main à son front. Pas de fièvre... Elle soupira alors. Soulagée ? Pas exactement. Bien sur, l'idée de frôler la mort n'avait rien de sympathique, mais une interrogation, essentielle, persistait. Quelle était la bête qui s'était trouvée derrière-elle, si bête il y avait eu ? Lune s'appliqua à respirer profondément, récupérant son rythme cardiaque normal peu à peu. Robìn tituba jusqu'à la rivière, encore sous le choc malgré ses efforts pour se persuader que ce n'était qu'une hallucination. Une hallucination, et rien de plus.

    • L'eau glacée de la rivière sur son visage ne fut pas forcément bénéfique. A présent elle était trempée, et la bise qui soufflait la frigorifiait sur place. Décidemment, peut-être - sans doute - n'aurait-elle pas dû sortir dehors cette nuit-là. Ou alors ne pas s'enfoncer aussi profondément dans la forêt ? Ca, c'était certain, elle n'aurait pas dû. D'ailleurs comment allait-elle se débrouiller pour rentrer chez elle à présent ? Car oui, il faudrait bien qu'elle rentre, un jour ou l'autre ; et à vrai dire, elle ne rêvait en cet instant plus que de son matelas confortable, de l'eau chaude ruisselant sur son visage, et du ronronnement apaisant de Napoléon près d'elle, pendant qu'elle sombrait dans un sommeil réparateur... Ce n'était pourtant pas terminé. Robìn s'était rassise, désespérée à l'idée de tenter de retrouver le chemin du retour. Le félin s'était roulé en boule contre elle, à la recherche lui aussi de la moindre source de chaleur. Elle s’était de nouveau allongé, et avait clôt de nouveau ses yeux, dissimulant l’ambre de ses yeux au monde extérieur. Puis, une main, en un contact doux et léger, se posa sur son épaule. La brunette sursauta, étouffant un cri terrifié. La jeune Fitzgerald se redressa brusquement, faisant fuir Napoléon. Le gémissement qu’elle venait de lâcher faisait tâche dans le silence profond de la forêt ensommeillée.
    Robìn s'arma de tout son courage pour se ressaisir lorsqu’elle posa les yeux, non sur une bête immonde et menaçante, mais sur une jolie blonde au visage clair, sur un cheval qui se fondait parfaitement dans les ténèbres nocturne. Le masque la recouvrait désormais. Ce masque de jovialité et de bonheur à vous faire pâlir de jalousie.
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MessageSujet: Re: Intrigue, fascine, ensorcèle • libre   Sam 30 Mai - 22:21

La jeune fille sursauta en sentant la main de Lena posée sur son épaule. Sûrement était-elle un peu inquiète d'avance. Il faut dire que se trouver dans une vallée où des aigles s'amusaient à vous manger (c'était une rumeur qui courrait dans les ranches alentours) ce n'était pas très rassurant... Il y avait de quoi être stressé. La jeune blonde remarqua un mince filet de sang s'échapper du corps de l'inconnue. Car à présent que sa vue s'était habituée à l'obscurité, elle pouvait voir ce qui l'entourait grâce aux maigres rayons qu'offraient le minuscule croissant de lune qui transperçait les ténèbres de la nuit. Immédiatement, Elena songea à ce chat touffu qui avait dû enfoncer ses griffes dans la peau de sa maîtresse. D'ailleurs, quoi de plus étrange qu'une jeune fille et son chat perdus dans la vallée la plus dangereuse des environs, sans monture pour parvenir jusqu'ici... elle avait dû marcher pendant très longtemps. Lena lui proposerait de la ramener sur Nirvana, dès qu'elles auraient engagé la conversation... ce qu'elle n'osait pas vraiment faire pour l'instant. Même si un silence prolongé entre deux personnes consciente de se trouver en face d'un humain est toujours un peu gênant. Mais de nuit, cette situation perdait toute sa spécificité. Elle devenait plus banale, plus acceptable, presque agréable. Le silence était beau, autant que le clapotit de l'eau qui les entourait. Et les deux jeunes filles ne paraissaient nullement troublées par l'absence de paroles.

Après quelques secondes d'observation silencieuse, Elena décela un visage radieux chez la brune. Elle-même affichait la même expression, inconsciemment d'ailleurs, l'expression souriante qu'elle adressait à chaque personne qu'elle croisait. C'était un masque automatique à présent, qu'elle ne cherchait ni à comprendre ni à expliquer. Mais elle se sentait bien comme ça, le fait d'être entourée dans une mer de sourires, même artificiels, lui redonnait du baume au coeur et elle ne demandait que ça.

Finalement, Lena s'assit en tailleur à côté de l'inconnue. Pendant ce temps, Nirvana commençait à brouter l'herbe alentour, ignorant superbement le chat, qu'elle n'avait probablement pas vu d'ailleurs mais dont elle sentait sûrement la présence. Puis maintenant que les présentations silencieuses étaient faites, Elena se décida à briser le silence, mais prit la parole tout de même à voix basse, en un souffle. Pour ne pas réveiller la faune alentoure, pour ne pas briser ce beau rêve qui glissaient vers l'aval de la rivière avec les truites.


" - Je m'appelle Elena. Tu... tu es au Wildfire's ranch ? "

Ca lui était venu en prenant son inspiration pour parler. Il lui semblait qu'elle avait déjà vu le visage de l'inconnue quelque part. Ce pouvait aussi être en ville, elle n'avait supposé le ranch que par pur hasard. Peut-être aussi parce-que le besoin de s'isoler dans une vallée aussi loin de tout était spécifique aux cavaliers du ranch qui ont besoin de se recentrer... Tous ressentaient ce besoin un jour ou l'autre. On n'entendait que l'eau à présent, Nirvana était partie brouter plus loin, elle n'était plus visible dans la nuit persistante, oppressante...

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MessageSujet: Re: Intrigue, fascine, ensorcèle • libre   Dim 31 Mai - 14:17

    Le moment de peur panique passa rapidement. C'était évident, la blonde n'avait rien d'un monstre - même s'il avait été très bien maquillé et dans une obscurité qui empêchait toute observation rigoureuse - et semblait au contraire bienveillante, voire inquiète pour elle. A première vue, Robìn éprouva une grande reconnaissance. L'inconnue ne l'assaillait pas de question, et ne semblait pas la juger. Mais, en y réfléchissant bien, que faisait-elle, elle, en plein milieu de cette vallée sur son cheval ? Ce n'était pas vraiment le lieu ni l'heure qui s'apprêtaient le plus à une ballade. Et une méfiance légère vint s'interposer entre sa gratitude et l'inconnue. Inconnue qui ne l'était plus entièrement.
    " - Je m'appelle Elena. Tu... tu es au Wildfire's ranch ? " venait de prononcer la jeune femme. Son ton était posé. Cependant l'hésitation à poser sa question était perceptible, même pour elle, qui pourtant, embrouillée, n'était pas à l'affu.

    La brunette l'observa un long instant. Elle savait que la plupart des cavaliers du Wildfire's ranch étaient... particuliers. Particuliers dans son genre. Autant dire de véritables monstres. Etait-elle réellement une créature aussi insolite qu'elle ? Cette Elena n'en avait pourtant pas l'air. Robìn ne voyait rien de bien menaçant en elle, derrière ses prunelles azurées. C'était frustrant. Cette sensation de ne pas savoir à qui on s'adresse. De ne pas savoir si, au moindre geste ou regard déplaisant, la jolie et innocente jeune blonde qui se trouvait face à elle n'allait pas lui faire subir Dieu sait quoi. Peut-être l'explosion de toutes les cellules de son corps. Ou bien pouvait-elle parvenir à la faire suffoquer sur place en faisant en sorte que l'ai autour d'elle s'absente ? Ou bien peut-être même pouvait-elle lui rompre les os par elle ne savait quel numéro.
    Le doute l'envahit brusquement, cette sensation désagréable de se sentir faible et vulnérable. Une bouffée de chaleur la pris soudainement. C'est terminé, se dit-elle, elle va me faire exploser. C'était presque ça. Le flux d'énergie dû aux sensations fortes qui la traversaient concentrèrent, elle ne sut comment, sa chaleur au niveau de sa main. Sourcils froncés, Robìn saisit son poignet de son autre main, observant avec affolement le phénomène. Sa paume devenait incandescente. Une étincelle se fit remarquer, et, une seconde à peine plus tard, une flamme de trente centimètres de haut, s'étalant sur sa main entière, jaillit. Robìn recula brusquement en arrière, et un cri affolé lui échappa tandis qu'elle tentait de faire disparaître la flamme. La rivière se trouvait plus près qu'elle ne l'aurait crut, et, dans un accès de lucidité, la jeune femme précipita sa main-torche dans l'eau gelée. Le flux s'évanouit. Son coeur tambourinait dans sa poitrine, mais l'adrénaline n'affluait plus dans son sang. Plus rien n'était incontrôlable. Elle avait repris les commandes. La brune ferma un instant ses paupières, recernant la situation et se reconcentrant. Il n'y avait plus qu'à espèrer que oui, Elena était bel et bien un monstre, à sa façon. De toutes façons, elle le saurait bien assez tôt. Si la blonde était déjà partie en courant, c'est qu'elle était normale. Robìn dirigea ses prunelles ambres sur l'endroit que tenait quelques secondes plus tôt Elena, cherchant sa silhouette svelte. Elle était toujours là...

    " J'imagine que cette... démonstration, répond à ta question. " prononça t-elle lentement, articulant clairement chaque sillabe pour ne pas avoir à se répéter. Elle admettait à l'instant, à voix haute, être un monstre, une triste erreur de la Nature. Elle ne voulait pas le refaire une seconde fois. " Moi c'est Robìn. "
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MessageSujet: Re: Intrigue, fascine, ensorcèle • libre   Dim 31 Mai - 16:45

Lena, d'un calme absolu, était assise tranquillement sur la berge de la rivière, attendant une réponse de la part de la jolie brune. Mais elle vit tout autre chose, une expression de peur intense qui semblait prendre de panique son interlocutrice. Elle n'aurait pas imaginé ça... qu'est-ce qu'elle était en train de faire ? Est-ce que l'eau formait une forme bizarre autour d'elle ? Elle se retourna, la rivière coulait dans son lit, ses mains étaient posées sur l'herbe, tout allait bien... Elle ferma les yeux pour se calmer, il ne fallait pas qu'elle panique, sinon elle perdrait encore le contrôle d'elle-même. Mais comment rester calme face à la peur aussi intense de quelqu'un ? Elle commençait à perdre ses moyens et s'obligea à respirer profondément, faisant abstraction du reste, de la brunette qui se trouvait à côté d'elle... jusqu'à ce qu'une vague de chaleur lui fasse ouvrir les yeux. Les mains de la jeune inconnue était en flammes. Elle n'était plus si inconnue que ça... Aussi bizarre que cela puisse paraître, Elena se sentit profondément soulagée. Elle n'était plus un monstre à côté d'elle, et n'aurait pas peur de provoquer des mouvements d'eau bizarres en sa présence. Elle savait à qui elle avait à faire, c'était une jeune fille qui créait le feu entre ses mains... un très beau pouvoir, qui pourrait s'avérer dangereux, mais la lucidité de la jolie brune la rassura : elle se hâta de plonger ses mains dans l'eau de la rivière. Puis elle revint sur ses pas...

" J'imagine que cette... démonstration, répond à ta question. Moi c'est Robìn. "

Elena lui sourit. Un sourire franc et doux, qui n'était certainement pas le bienvenu d'ailleurs. Mais le contact avec les autres cavaliers du ranch qui avaient eux aussi un pouvoir lui faisait toujours du bien. Elle se sentait moins seule dans son périple, moins monstrueuse aux yeux du monde. Car la jeune fille en face d'elle était pareille, et ça ne l'empêchait pas d'être une jolie brune, qui paraissait aimable, généreuse, bref, humaine. Cela lui donnait l'impression d'être normale, aussi normale que cette jeune fille qui faisait jaillir le feu de ses mains. Certes c'était un sacré paradoxe, car ce caractère n'avait rien de normal. Mais ça ne faisait pas d'elle une pyromane, on voyait qu'elle avait peur de ce don, ce qui était compréhensible vue la dangerosité du pouvoir... mais si Lena aurait dû être effrayée, il n'en était rien. Tant que Robìn ne montrait pas le désir certain de la faire flamber... Cependant il ne faut pas croire que la blonde était d'un naturel très courageux. Si elle n'affrontait pas la compagnie des autres cavaliers, c'était autant pour se protéger de leurs pouvoirs que parce-qu'elle était timide. Dans tout les cas, elle parvenait à se convaincre que ce trait de caractère était la cause de sa solitude. Mais en réalité, elle n'était pas rassurée à l'idée de croiser des personnes pouvant développer des pouvoirs effrayants... seulement son interlocutrice ne lui faisait pas peur. Peut-être parce-qu'elle paraissait démunie face à ce qui lui arrivait, parce-qu'elle essayait par tous les moyens de maîtriser cela et que ça faisait d'elle quelqu'un d'humaine. Elena avait surtout peur de croiser des gens qui contrôlaient leur pouvoir, et décidaient sciemment de faire du mal aux autres... ça existait elle en était persuadée. Quand aux super-héros, elle n'y croyait pas : selon elle, n'importe qui maîtrisant son pouvoir ne l'utiliserait pas qu'à des fins admirables. Elle n'avait aucune confiance en la conscience humaine, parce-qu'elle savait que leur nature comportait de multiples défauts qui pouvaient conduire à des déboires énormes. Elle se sentait bien plus en sécurité avec quelqu'un de démuni et d'effrayé, où elle savait que cette personne tentait tant bien que mal à devenir meilleur, et où sa mauvaise conscience humaine était enfermée dans une cage de peur et d'inquiétude hermétique. Elle ne croyait nullement aux conséquences néfaste de la peur, pour elle ça ne pouvait que rendre meilleur... Et elle avait besoin de se sentir entourée par des gens bons. Pour elle, l'innocence pure était tellement rare que c'était un trésor inestimable... peu importe le feu ou le venin qui pouvait s'échapper des mains de la personne qui le détenait. Ce fut donc d'un ton serein qu'elle annonça en souriant légèrement :

" - Enchantée Robìn. On est deux alors... je t'aurais bien montrer comment je fais bouger l'eau parfois, mais je ne sais absolument pas comment m'y prendre, j'en suis désolée ! "

Elena laissa échapper un léger rire cristallin et bref, celui qu'elle sortait presque inconsciemment mais qui faisait une partie imposante de sa personnalité : elle aimait rire de tout et de rien, surtout en compagnie d'autrui. Non pas que la situation était drôle, mais c'était plus fort qu'elle, dès qu'elle trouvait une source de contentement, comme en l'occurrence la présence d'une jeune fille innocente, il fallait qu'elle le manifeste par un rire. Pendant ce léger rire, l'eau qui coulait dans la rivière se mit à s'agiter, et Lena reprit son sérieux très rapidement. Elle fit tout pour se convaincre qu'une brise était passée par là, rafale dont elle n'aurait elle-même pas senti le souffle, mais elle redoutait toujours son propre rôle dans ce phénomène. Sa paranoïa reprit, effaçant toute lucidité de sa part et engendrant encore des milliers de questions sans réponse, qui l'effrayaient au plus haut point. Elle aurait voulu que Robìn lui dise qu'elle avait senti le vent, qu'il faisait froid cette nuit, mais en même temps elle ne voulait pas de mensonge, elle trouvait l'innocence de cette jeune fille trop pure pour entacher son honnêteté. Finalement, elle préférait ne rien savoir, et... ne rien comprendre. Le fait était que son intelligence faisait le reste, et poussait son esprit à se poser des questions infondées, sans importance, mais qui faisait toujours monter en elle une vague de panique, celle-là même qui la poussait à se croire le centre du monde, et à en éprouver une peur sans fin, celle d'un poids trop dur à porter, celle d'une paranoïa incurable. Elle voulait juste vivre sa vie tranquillement, mais tout était toujours beaucoup trop compliqué. Elle ne se rendait pas compte que c'était elle-même qui rendait les choses aussi compliquées, ou plutôt son inconscient, ce qui lui rendait la tâche de compréhension plus difficile encore... et ce qui lui faisait rejeter cette tâche, pourtant essentielle à la maîtrise de son pouvoir. Pendant sa peur, elle entendait l'eau gronder à son oreille, et un sentiment de panique l'envahit littéralement, comme pendant le coucher du soleil... là ou rien ne l'entourait. Mais ici, il y avait tellement de choses.... les vagues qui se créaient dans une rivière si calme. Un courant d'eau qui courait au-delà de son lit. Les berges qui commençaient à inonder. Ou seulement une allucination dûe à une peur extrême...

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